Savez-vous qui est un Hikikomori ?

Alors non, ce n’est ni un samouraï, ni un vendeur de sushi, mais oui c’est bel et bien un japonais. Enfin, il était uniquement japonais mais comme tout le monde il s’est mondialisé. Il est devenu célèbre dans les années ’90 où il a commencé à se faire une place dans les médias : mangas, journaux, littératures, études de société. Vous allez me dire que ça ne vous en dit pas plus sur ce qu’est un Hikikomori… J’y viens !

Tout d’abord, il faut remettre les choses dans leur contexte. Au Japon, et comme dans certains pays d’Asie, les jeunes subissent une pression très forte. Regard des autres, harcèlement et réussite à l’école, premier emploi, mariage, ils sont sous pression pour être les meilleurs et ils finissent par craquer. Un Hikikomori est un jeune, homme dans 80% des cas, qui a entre 15 et 30 ans et qui ne croit plus ni en lui, ni en la société. Il se renferme chez lui parce que vivre aussi difficilement n’a plus de sens pour lui, il ne se trouve pas de place dans la société et à l’impression qu’il lui est impossible de s’en faire une.

« Au cours de leur vie, 1,2 % des Japonais en sont atteints, selon des études épidémiologiques de ce phénomène » précise le professeur Takahiro Kato, du département de neuropsychiatrie de l’université de Kyushu, au Japon. Par ailleurs, une enquête recense 264 000 cas de hikikomori au Japon (sur un total de 127 millions d’habitants), auxquels on ajouterait 460 000 personnes dans un futur plus ou moins proche.

Il y aurait deux explications, deux raisons à cette rupture d’un jeune avec la société. Thierry Guthmann, professeur de sciences humaines au Japon, expliquait que les jeunes mis sous pression depuis le plus jeune âge par un parent autoritaire sont plus susceptibles de craquer et de se renferment chez eux. À l’inverse, beaucoup de jeunes gens deviendraient des Hikikomori après avoir été traités comme des enfants-rois, terme très employé au Japon pour décrire ces enfants, garçons et filles, élevés dans une grande permissivité.

 

DES ERMITES MODERNES

 

Pas seulement des japonais

De plus en plus de psychanalystes font le lien entre ce phénomène japonais et des cas similaires en France et aux Etats-Unis. Le docteur Alan Teo, psychiatre à l’université du Michigan à Ann Arbour, a publié, en mars, dans l’International Journal of Social Psychiatry, un article sur le premier cas d’hikikomori observé aux Etats-Unis : un homme de 30 ans, qui a vécu reclus pendant trois ans dans son appartement.  » La première année, il est resté dans un cabinet de toilettes assez spacieux, se nourrissant de plats qu’on lui apportait « , a-t-il expliqué.

Ne se lavant pas, déféquant et urinant dans des seaux et des bouteilles, il passait son temps sur Internet et devant des jeux vidéo. Il avait déjà vécu un semblable épisode de retrait social qui avait duré plusieurs années quand il avait 20 ans. A chaque fois, il souffrait de dépression sévère. » Le patient a accepté de suivre une thérapie cognitive comportementale au terme de laquelle il est en rémission « .

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Voici une animation sur la phobie sociale réalisé par les étudiants de l’école de l’image GOBELIN : « Une jeune femme se fait suivre par un crocodile qui représente sa timidité. Comme il lui empoisonne sa vie, elle tente par tous les moyens de s’en débarrasser. »

 

Source : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=2xp22IYL2uU

Et n’hésitez pas à aller voir ICI pour des témoignages de jeunes français touché par ce phénomène.