Prévention du burn-out : quelques conseils pratiques

Même s’il peut provoquer intérieurement des dégâts considérables, le burn-out reste une maladie difficilement détectable de l’extérieur, d’autant plus qu’elle ne terrasse pas brusquement ses victimes mais les use petit à petit. C’est pourquoi il est recommandé de la combattre sur le même mode, en se fixant une série d’objectifs simples mais auxquels on puisse se tenir, et en apprenant à se déconnecter de son activité professionnelle: à s’offrir le luxe de débrancher son portable pour se consacrer à d’autres activités permettant de revenir à soi, de relativiser et de prévenir le stress. Les ateliers et les formations de Théâtre en Cours sont axés sur le lâcher prise, la réappropriation du corps par la respiration et le développement de l’intelligence émotionnelle à travers des exercices d’improvisation collective.

 

PREVENTION DU BURN-OUT : QUELQUES CONSEILS PRATIQUES

 

Listez les sources de stress

Repérez les domaines sur lesquels vous pouvez agir, même en apportant des changements qui vous paraissent infimes. Laissez le reste de côté. « Une situation face à laquelle on est totalement impuissant génère de la souffrance », rappelle Catherine Vasey.

Ainsi, si l’absence de feed-back spontané de votre hiérarchie vous fait souffrir, vous n’avez certes pas le pouvoir de changer votre chef. Mais vous pouvez décider de lui demander régulièrement ce qu’il pense de vos prestations.

Autre exemple: si travailler en open space vous plombe, ne vous épuisez pas à souhaiter le retour des bureaux cloisonnés, ce n’est pas de votre ressort. Offrez-vous plutôt un bon casque audio, qui vous permettra de vous isoler en écoutant de la musique. Ou voyez s’il est possible de travailler un jour par semaine à la maison. Et n’oubliez pas d’éteindre votre portable.

 

Valorisez vos ressources

Listez tout ce qui vous fait du bien et vous change les idées. Qu’est-ce qui vous apporte du plaisir (en privé comme au travail)? Quelles sont les tâches, les gens que vous aimez? Quels sont les projets qui vous stimulent? Ceux qui respectent vos valeurs? Quel est le sens de votre activité? Où vous sentez-vous utile? «Identifier ce qui vous fait du bien évite de se concentrer sur ce qui ne va pas et de donner trop d’importance à ces éléments», souligne Catherine Vasey.

Remettez le travail à sa juste place dans votre vie. Plus vos intérêts sont nombreux hors du boulot, mieux vous serez armé pour relativiser les petites et grandes tuiles professionnelles, et plus vous aurez d’occasions de vous ressourcer. Offrez-vous le luxe de débrancher votre portable.

 

Donnez-vous du temps

Ne cherchez pas à tout chambouler en une semaine. Fixez-vous un délai réaliste pour mettre les changements en place, un mois, voire une année. Le burn-out vous use à petit feu, dites-vous que c’est sur le même mode que vous en viendrez à bout. Votre détermination fera la différence.

 

Bougez

Le stress et les tensions déséquilibrent le corps, usure et fatigue s’installent, vous avez le moral en berne. Pour faire baisser la pression, le remède est simple: le mouvement. Là aussi, ne voyez pas trop grand. Inutile de vous inscrire dans un club de fitness, sauf si vous en rêvez depuis longtemps : descendre du bus un arrêt plus tôt, prendre l’escalier au lieu de l’ascenseur, bricoler ou jardiner suffisent. «L’important est d’imaginer une mesure facile à intégrer dans votre vie quotidienne sur la durée, sinon vous y renoncerez rapidement », précise Catherine Vasey.

 

Respirez

Soupirez et expirez, voilà deux autres façons toutes simples de faire baisser la pression.

 

Apprenez à bien dormir

Quand on est tendu, on passe de mauvaises nuits, ce qui augmente la pression le lendemain… Un cercle vicieux. Pour en sortir, couchez-vous et levez-vous tous les jours à la même heure. Oui, même le week-end. Sinon votre corps y perd son latin.

Pour mettre toutes les chances de votre côté, ne mangez pas trop tard, et ne vous faites pas piéger par les écrans (internet, télé).

 

Fixez vos limites

Ne vous montrez pas trop exigeant envers vous-même. Non, personne ne peut accomplir un travail de qualité égale avec moins de personnel. Et si vous êtes fatigué ou malade, vous êtes moins performant. Apprenez à dire non pour vous préserver et pour assurer la qualité de votre travail.

 

Ruminez à heure fixe

Vous vous réveillez en pleine nuit et des pensées qui tournent en rond vous empêchent systématiquement de vous rendormir? Cadrez-les en leur consacrant dix minutes par jour. Cela vous permettra de passer ensuite à autre chose.

«Enclenchez un minuteur, munissez-vous d’une feuille de papier et couchez-y vos pensées récurrentes. Cessez lorsque la sonnerie retentit. Avec cette méthode, c’est vous qui décidez quand les ruminations démarrent… et quand elles s’arrêtent», explique la psychologue. Noter ce qui vous traverse l’esprit est également une façon de faire un tri, de repérer les récurrences ou les pistes créatives.

 

Déceler

Vous êtes fatigué, on vous trouve une petite mine: c’est le moment de faire le point.

 

Donnez-vous quelques outils pour savoir où vous en êtes

Le test ci-dessous vous indiquera si vous faites partie des personnes à risque. Nous vous proposons aussi des liens sur des tests à réaliser sur l’internet. Même s’ils n’ont pas valeur de diagnostic, ils sont assez précis pour évaluer votre niveau de tension.

 

Consultez votre généraliste

Le burn-out marque l’organisme: carences en vitamines, problèmes cardiovasculaires, baisses métaboliques… Votre médecin s’assurera que ces symptômes ne sont pas dus à une autre maladie. Cela peut arriver : irritabilité et problèmes de sommeil peuvent par exemple très bien signaler que vous manquez de fer.

Une fois les autres pistes exclues et votre burn-out diagnostiqué, votre médecin vous orientera chez un spécialiste
Il est important d’être pris en charge par une personne qui connaît la maladie, car elle exige un traitement particulier et directif. Pour trier le bon grain de l’ivraie, interrogez votre candidat: a-t-il déjà traité un burn-out ? S’il hésite ou passe à autre chose, sonnez à une autre porte.

 

GUERIR

Soigner un burn-out implique de retourner au travail!

En trois phases distinctes.

 

Booster votre énergie

Pour remonter la pente, pas de miracle, il faut dormir la nuit et bouger pendant la journée. Au programme, une demi-heure minimum d’activité physique par jour, si possible à l’extérieur. Profitez aussi de cette première phase pour vous couper de ce qui vous use, vous changer les idées, voir les gens que vous aimez…

 

Saisir ce qui s’est passé

Quels ont été les moteurs de votre burn-out? Pourquoi et comment en êtes-vous arrivé là? Une étape capitale pour reprendre votre activité sans retomber dans les mêmes ornières. Ces deux premières étapes vont souvent de pair avec un arrêt de travail, généralement de deux mois. Si une telle pause est inenvisageable, vous pouvez aussi faire cette démarche en continuant à aller au bureau. Il vous faudra seulement plus de temps pour atteindre un résultat.

 

Retourner au travail

Se replonger dans le milieu stressant fait intégralement partie du processus de guérison. Ce retour se fait de façon progressive. L’énergie revient en travaillant. Il faut compter six mois pour retrouver un nouvel équilibre de santé.

 

UN MAL CHRONIQUE

Spécialiste romande de l’épuisement professionnel, la psychologue Catherine Vasey a vécu un burn-out pendant son école d’infirmière. Ce qui lui a donné envie de soigner cette maladie.

Le terme burn-out (épuisement professionnel) signifie, en anglais, « consumer entièrement ». Il n’a pas été choisi au hasard. « Les personnes sont véritablement dévastées intérieurement, mais la gravité de leur état ne se voit pas forcément à l’extérieur », précise Catherine Vasey. C’est d’ailleurs ce qui rend cette maladie difficile à détecter.

Pour compliquer les choses, le burn-out n’abat pas ses victimes brusquement. « Il s’agit d’une maladie chronique, l’usure se fait à petit feu », détaille la psychologue. Qui préconise de la combattre au même rythme, « en étant humble dans ses objectifs, mais déterminé à les faire durer ». Mère de famille, salarié, patron ou étudiant, personne n’est à l’abri. « Et, depuis deux ou trois ans, les cas se multiplient », remarque la spécialiste. On serait tenté de désigner la crise économique comme principale responsable de cette épidémie.

« Ce qui pose véritablement problème, c’est la difficulté de protéger sa vie privée des pensées liées au travail », corrige-t-elle. Coupables, donc, nos portables et tablettes, et surtout notre mauvaise habitude de rester connectés en permanence. « Il est pourtant fondamental de se protéger de ces intrusions constantes pour se ressourcer, se changer les idées, revenir à soi, bref déstresser », constate-t-elle.

 

 

Source : http://www.illustre.ch/illustre/article/comment-prevenir-le-burn-out