Les langues étrangères façonnent-elles la pensée ?

« Ce n’est pas nous qui disons les mots, ce sont les mots qui nous disent »

(Witold Gombrowicz)

 

Associer immédiatement le verbe «s’enrichir» à l’argent est un signe parmi d’autres que nous peinons à envisager les relations humaines sous un angle ludique, et autre que purement utilitaire. S’enrichir, n’est-ce pas avant tout élargir son horizon personnel, son ouverture aux autres ? C’est certainement faute de le comprendre que l’apprentissage des langues est généralement considéré en France comme une corvée, un mal nécessaire pour élargir ses horizons professionnels dans un contexte de plus en plus mondialisé. Pourtant, pratiquer d’autres langues est d’abord la meilleure façon de voir le monde d’un autre œil.

Tenez, par exemple : vous avez tous déjà été assistés en voiture par un copilote. Vous lui demandez : « Où est-ce que je tourne ? » « À droite ! », eh bien imaginez qu’il vous réponde plutôt « À l’est ! » le trajet risquerait d’être un peu plus long… C’est pourtant ainsi que, dans la communauté de Pormpuraaw en Australie, les Aborigènes se repèrent. Il n’existe pas dans leur langue de mot pour dire « droite » ou « gauche ». Pourquoi ? Parce qu’ils n’utilisent que les directions cardinales absolues : Nord, Sud, Est et Ouest. Ils pensent comme ça. Au moins, ils ne perdent pas le nord !… Si vous parliez leur langue, il faudrait vous y mettre aussi, et petit à petit votre façon d’appréhender l’espace changerait.

Plusieurs milliers de langues différentes sont parlées dans le monde. Entre elles, d’énormes différences. Différences de mots, bien sûr, mais aussi de modes de construction, de codes. En va-t-il de même pour les idées qu’on exprime ? Autrement dit, la langue que l’on parle façonne-t-elle notre façon de penser ? Eh bien ce que de savants globe-trotters ont observé est fascinant : les formes de phrases, la syntaxe, les mots utilisés varient tant d’une langue à l’autre qu’on peut penser que c’est le cas…

Des exemples ? Les verbes, dans certaines langues, indiquent à quel moment s’est passé l’événement dont on parle (Mian, Papouasie-Nouvelle-Guinée), dans d’autres ils précisent si l’action est en train de se dérouler (anglais) et enfin certaines langues ne précisent même pas si l’événement est passé ou à venir (indonésien). Ainsi certaines langues sont plus «offensives» et forcent à donner un grand nombre d’informations quand d’autres sont au contraire restrictives sur ce point. En russe les verbes qui désignent le mouvement obligent l’interlocuteur à dire son genre, comment il se déplace, dans quelle direction, comme s’il fallait en dire le plus possible en un minimum de temps ! En revanche en pirahã (Amazonie) il n’existe pas de mots pour désigner les nombres, mais seulement des mots pour exprimer des quantités comme «un peu» et «beaucoup». Allez donc acheter des poireaux au marché pirahã avec sur les étiquettes non pas des prix au kilo ou à la pièce, mais au « un peu » ou au « beaucoup » ! Pour parler pirahã, il faut donc penser autrement. Si George Orwell a montré dans 1984 comment l’appauvrissement du langage allait de pair avec la réduction de la liberté, la démonstration fonctionne en sens inverse : enrichir son langage, c’est avant tout gagner de la liberté.

Une expérience (récemment publiée dans Psychological Science) consistait à faire décrire à des sujets parlant allemand et d’autres parlant anglais les mêmes vidéos, comme celles d’une femme marchant dans la rue ou d’un homme à vélo. Les anglophones décrivaient la scène sans mentionner le but vraisemblable des actions (où va la personne par exemple) alors que les germanophones le faisaient. Cette dernière vision, dite holiste, prend en compte le cadre dans lequel s’inscrit l’action tandis que la vision anglophone insiste sur son déroulement immédiat. Tout ça à cause de ce fameux «ing» qui se concentre là-dessus… décidément il leur fait tourner la tête, celui-là. Le linguiste américain John Lucy appelle ces différences la relativité linguistique, ou le fait que « la langue que nous parlons influence notre façon de concevoir la réalité », et plus simplement que « le langage influence la pensée ».

Prenez notre conception du temps : dans les pays occidentaux nous le visualisons de gauche à droite tandis que les personnes parlant l’hébreu ou l’arabe le visualisent de droite à gauche, comme ils écrivent. Pour les Aymara des Andes, le passé se situe devant et l’avenir derrière ! Quoi ? Ma super journée au parc aquatique de la semaine prochaine est… derrière moi ? Oui, mais celle de la semaine dernière est devant… Et les différences entre les genres : marquées dans certaines langues et pas dans d’autres, elles auraient des répercussions sur la perception parles enfants de leur propre genre, qui viendrait plus ou moins tôt selon la langue qu’ils parlent… Un table, une bureau, un voiture, un couteau… les petits Anglais ont du mal avec le genre grammatical masculin/féminin, qui n’existe pas en anglais, mais si vous apprenez l’anglais vous prendrez en revanche davantage conscience de la distinction neutre/animé, que nous, nous ne faisons pas.

Autrement dit, en se familiarisant avec une langue étrangère, on apprend nécessairement à penser et à ressentir différemment, donc on développe non seulement ses possibilités d’expression, mais aussi sa capacité à percevoir l’autre, à concevoir les différences de points de vue. On est amené à découvrir non seulement de nouvelles façons d’exprimer sa pensée et ses émotions, mais aussi (et surtout…) d’écouter.

En effet, un sujet multilingue aurait donc naturellement une vision plus flexible, car plus globale. Bon, si vous l’êtes je vous rassure, cela ne fait pas de vous le Norman Bates de Psychose, vous êtes juste capable de penser les mêmes choses de plusieurs façons : une autre expérience, au cours de l’étude déjà mentionnée, a étudié un groupe d’Allemands parlant allemand et anglais, et montré que lorsqu’ils parlaient allemand ils réfléchissaient de manière holiste, mais adoptaient un mode de pensée plus proche de celui des anglo-saxons lorsqu’ils parlaient anglais.

Selon la Bible, les langues différentes seraient une punition infligée par Dieu aux Hommes pour avoir voulu construire la tour de Babel. Mais si au final cette malédiction était une chance ? Après tout, les guerres ne se sont jamais produites à cause des différences de langue.

Les Français sont réputés briller par leur incapacité à se défaire de leur accent abominable ? Pas tous : si les enfants apprennent plus facilement les langues, c’est parce qu’ils sont davantage dans le jeu, ils ne sont pas pétrifiés par la peur du ridicule, et profitent d’un droit à l’erreur que nous avons cessé de nous accorder à nous-mêmes. La pratique des langues étrangères, au lieu d’être envisagée comme une difficulté, devrait plutôt l’être en tant qu’outil de développement personnel et collectif, outil d’identification à l’autre et de dépassement de soi par le jeu.

 

Jade Cattacin

Olivier Foreau

 

Bibliographie

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-langue-faconne-la-pensee-27831.php

http://www.economist.com/blogs/johnson/2011/12/differences-among-languages

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/perception-monde-varie-langue/

https://sciencetonnante.wordpress.com/2014/01/06/la-langue-que-lon-parle-influe-t-elle-sur-notre-maniere-de-penser/

http://www.laviedesidees.fr/Ce-que-le-langage-nous-fait-penser.html

http://www.madmoizelle.com/bilingues-psychologie-348691

La maîtrise des langues étrangères pour gérer sa carrière

Dans une société de plus en plus mondialisée, la maîtrise des langues étrangères s’avère une nécessité. Elle est nécessaire non seulement pour s’ouvrir sur les cultures, mais aussi pour augmenter ses chances de décrocher un bon job. Un grand débat est mené actuellement sur la maîtrise des langues étrangères.

 

La maîtrise des langues étrangères peut ouvrir la porte à de bonnes opportunités. Elle permet de travailler dans de grandes firmes multinationales ou de bénéficier d’une bonne carrière professionnelle.

 

En résumé, la maîtrise de langues étrangères multiplie par deux les opportunités professionnelles. Elle permet d’avoir plus de choix professionnel comme postuler à l’étranger.

 

91% des étudiants français pensent que la maîtrise des langues étrangères va booster leur carrière

Selon une étude menée par Babbel, une plateforme d’apprentissage des langues en ligne, 91% des étudiants français considèrent que la maîtrise de langues étrangères améliore leur parcours professionnel.

Sur un marché du travail de plus en plus globalisé, la maîtrise de plusieurs langues est devenu un atout non négligeable sur le CV. Un constat partagé par une grande majorité des étudiants français, comme le révèle l’enquête menée par Babbel, une plateforme d’apprentissage des langues en ligne. Pour mener cette étude, publiée le mercredi 21 octobre, Babbel a interrogé 6 500 utilisateurs français de la plateforme sur la corrélation entre maîtrise de langues étrangères et opportunités professionnelles.

 

La maîtrise de langue étrangère, un atout non négligeable

 

Les résultats de l’étude montrent donc que la catégorie de population qui accorde le plus d’importance à l’apprentissage de langues étrangères est celle des étudiants. En effet, 91% d’entre eux considèrent que les compétences en langues constituent un réel tremplin pour leur carrière. Ils sont nettement plus nombreux que dans la catégorie des sans-emploi (67%), des salariés (57%) et des travailleurs indépendants et entrepreneurs (52%). Comment expliquer cette disparité? «En France les jeunes générations ont compris l’importance des langues. Il s’agit de la génération Erasmus: de plus en plus de jeunes partent à l’étranger, et ont une autre vision de l’apprentissage des langues que leurs aînés. Une vision plus concrète, moins abstraite», explique Pauline Bénéat, chargée de communication chez Babbel. D’ailleurs, 82% des étudiants français considèrent que l’apprentissage d’une langue étrangère leur permet de gagner confiance en eux, contre 79% des français toute catégories confondues.

 

Mythe du Golem

 

Par ailleurs, le cliché selon lequel les Français sont des cancres en langues étrangères est moins répandu chez les jeunes générations. «Les jeunes ont plus confiance en eux que les anciennes générations dans leur apprentissage des langues. D’ailleurs, chez Babbel, en comparant le niveau des français en langues, on se rend compte qu’ils sont un peu au dessus de la moyenne mondiale. Mais c’est le mythe du Golem: plus on va répéter à l’école que les Français sont nuls en langue, moins il vont être bons».

 

 

Article original : http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/91-des-etudiants-francais-pensent-que-la-maitrise-de-langues-etrangeres-va-booster-leur-carriere-173/

La pratique des langues étrangères, un avantage décisif pour les entreprises – Formations Théâtre en Cours

Quelle que soit sa taille, une entreprise qui communique avec ses clients dans leur langue maternelle jouit d’un avantage concurrentiel qui peut s’avérer considérable. La pratique des langues étrangères chez les salariés est un atout commercial qui prend de plus en plus d’importance dans le contexte économique actuel, comme en témoigne cette chronique de Leïa Bourreau dans le JDN. C’est pourquoi les formations de Théâtre en Cours (prise de parole en public, team building…) sont proposées non seulement français, mais aussi en anglais, en allemand et en espagnol.

 

Le bilinguisme des employés est peut-être la clé pour une augmentation des ventes dans certains secteurs. L’ouverture culturelle est un atout à ne pas négliger.

 

Quelle est l’importance d’avoir un personnel bilingue au travail ?

  • Apportent-t-ils un plus concurrentiel ?
  • Quelles autres compétences les personnes bilingues apportent-t-elles à l’entreprise ?

 

Nous avons trouvé un exemple d’entreprise de petite taille utilisant les langues pour accroître ses ventes.

 

 

Le bilinguisme peut être un atout important pour une entreprise

 

Cela permet tout d’abord au personnel de communiquer avec les fournisseurs et les collègues mais également de fournir aux clients importants la possibilité d’acheter dans leurs langues maternelles.
Dans un article du magazine en ligne Automotive News, nous avons découvert un exemple incroyable d’une entreprise qui utilise les langues et le bilinguisme à son avantage. La société Shortline Subaru, installée à Aurora dans le Colorado (USA), transforme ses ventes et fait tourner des têtes en même temps.
En 1998, Shortline Subaru a embauché Bill Carrera pour qu’il vende des voitures pour eux. Quatre ans plus tard, M. Carrera est devenu le directeur des ventes du magasin. Rien d’extraordinaire me direz vous mais il est intéressant de noter que, lorsqu’il a été engagé, Bill Carrera parlait très mal anglais. Son ascension au sein de l’entreprise montre bien qu’il était exactement le genre d’employé que l’entreprise recherchait.
Le propriétaire du groupe Shortline Auto, Don Hicks, pense que le personnel de l’entreprise devrait refléter les communautés présentes dans les alentours de sa concession. Don Hicks est connu pour sa volonté d’engager des personnes bilingues et il recherche particulièrement des personnes parlant l’espagnol et le coréen. Cependant, son personnel comprend également des employés parlant le bosniaque, le roumain et d’autres langues européennes. Actuellement, neuf de ces 150 employés parlent plus de deux langues mais Don Hicks a pour objectif d’employer un autre membre du personnel bilingue tous les quatre à cinq mois.

 

En plus du personnel polyglotte que M. Hicks emploie, il développe également des publicités dans d’autres langues que l’anglais pour son entreprise. Le budget alloué à ce type de publicité a augmenté de 25 % cette année. Comme plus d’un quart de la population d’Aurora est d’origine hispanique et que la communauté coréenne grandit rapidement, c’est une sage décision.

 

Source : http://www.journaldunet.com/management/expert/54834/la-pratique-des-langues-etrangeres—un-atout-pour-les-commercants.shtml