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Qu’est-ce qu’un bon orateur ?

En cette période d’élections il est intéressant de se poser la question : Qu’est-ce qui fait un bon orateur ? Il sait convaincre son auditoire, certes, mais comment fait-il ? Marc-Antoine peut nous renseigner. Bien sûr, il s’agit de cinéma, mais après tout le cinéma n’est-il pas « vingt-quatre fois la vérité par seconde » comme disait Jean-Luc Godard ? Cette scène du Jules César de Joseph L. Mankiewicz (1953) nous en dit long sur l’art oratoire.

Les discours au cinéma sont nombreux : les bons, les mauvais, les drôles, les sentimentaux, mais pour ce qui est de faire changer d’avis une foule agressive et se la mettre dans la poche on peut laisser faire Marlon Brando dans l’adaptation par Mankiewicz de la célèbre pièce de Shakespeare. Il y incarne Marc-Antoine, proche ami de César, qui après l’assassinat de ce dernier par Brutus et Cassius a obtenu l’autorisation de s’exprimer devant une foule convaincue que César méritait son sort. Antoine marche sur des œufs : en tant qu’ami de César il doit faire attention à ce qu’il dit s’il ne veut pas qu’il lui arrive la même chose. Comment va-t-il s’y prendre ?

Ne pouvant dire ce qu’il pense, Antoine utilise avant tout un procédé qui consiste à le faire comprendre en disant le contraire : cela s’appelle l’antiphrase, et son discours en présente trois beaux exemples : Tout d’abord il prétend qu’il n’est pas là pour faire l’éloge de César. « Je viens pour enterrer César pas pour le célébrer », dit-il… avant de faire précisément le contraire : César était « fidèle et juste », il n’était pas ambitieux, pleurait lorsque les pauvres pleuraient, remplissait les coffres de Rome… un grand homme, en somme ! La seconde antiphrase de Marc-Antoine, la plus frappante, consiste à qualifier Brutus et Cassius « d’hommes honorables » avec une telle insistance ironique que la foule finit par s’emporter contre ce qualificatif même : « Ce sont des traîtres. Eux, des hommes honorables ? » Enfin, Marc-Antoine insiste sur le fait qu’il ne veut pas créer de désordre… pour faire comprendre aux citoyens que leur révolte serait légitime : « Vous n’êtes pas de bois, vous n’êtes pas de pierre, vous êtes des hommes » et « Je crains de faire tort à ces hommes honorables dont les poignards ont massacré César ».

Mais au-delà de l’antiphrase, le discours de Marc-Antoine est exemplaire des trois grands domaines que les Grecs distinguaient dans l’art rhétorique :

  • L’ethos, qui correspond à l’image que le locuteur donne de lui-même à travers son discours et vise à établir sa crédibilité par la mise en scène de ses qualités pour gagner la confiance de l’auditoire.
  • Le logos qui représente la logique utilisée, le raisonnement et la construction de l’argumentation pour faire appel au mieux à l’esprit rationnel de l’auditoire.
  • Le pathos, qui s’adresse à la sensibilité et aux émotions des interlocuteurs pour leur faire ressentir ce qui est dit.

 L’ethos

D’emblée le personnage veut instaurer une relation particulière de proximité avec la foule des citoyens, qu’il appelle « Chers amis », « Bons amis », « Bons cœurs ». Après un moment il s’en rapproche même physiquement en venant se placer au milieu des citoyens, créant ainsi également une proximité d’esprit, montrant à quel point il est proche d’eux à tous points de vue… Mais attention : pas trop quand même … «  Ne vous jetez pas ainsi sur moi tenez vous éloignés » : Marc-Antoine maintient malgré tout la distance qui préserve son statut dominant et donc son pouvoir sur la foule.

Pour compléter ce tableau de lui-même, Antoine se décrit comme simple et honnête, et se dévalorise, même : « un homme simple et sans art » qui n’a « ni esprit, ni talent de parole, ni autorité, ni grâce d’action, ni organe, ni aucun de ces pouvoirs d’éloquence qui émeuvent le sang des hommes. » Par antiphrase encore, il se compare défavorablement à Brutus : « je ne suis point, comme Brutus un orateur », dit-il « Mais si j’étais Brutus, et que Brutus fût Antoine, alors cet Antoine-là porterait le trouble dans vos esprits ». C’est du grand art : en niant ses capacités d’orateur, il en fait justement la démonstration.

Le logos

Pour s’adresser à la raison de la foule, Antoine a recours à de nombreuses questions rhétoriques, c’est-à-dire des questions dont il connait la réponse mais ne pose que pour faire réfléchir son auditoire. « Est-ce qu’en cela César semblait ambitieux ? » demande-t-il après avoir démontré par A plus B qu’il ne l’était pas du tout, ou encore « Ça c’était un César : quand en viendra t-il un semblable ? » pour faire prendre conscience à la foule que cela n’arrivera jamais. Par ces questions, il parvient à donner l’impression aux citoyens qu’ils parviennent eux-mêmes à leurs propres conclusions : « Je ne sais qu’exprimer la vérité », dit-il, « je ne vous dis que ce que vous savez vous-même ».

Le pathos

Enfin, il faut faire naître l’émotion chez l’auditoire : « Si vous avez des larmes préparez vous à les répandre maintenant ». Antoine le fait en parlant du triste sort infligé à César : « Quelle chute ce fut ! » et il suscite l’horreur en montrant son cadavre et ses plaies : « Regardez ; à cet endroit il a été traversé par le poignard de Cassius ». L’horreur, mais aussi la pitié : « Pardonnez-moi ; mon cœur est dans ce cercueil avec César, et je dois m’arrêter jusqu’à ce qu’il me revienne. ». À ce moment, théâtral, il tourne le dos à la foule et baisse la tête comme s’il souffrait intensément, mais sa pause lui permet aussi de laisser la foule méditer ses propos. Théâtral, et poétique : il a recours à des figures de style comme la métaphore « un Antoine… qui mettrait dans chaque blessure de César une langue qui remuerait les pierres de Rome », ou la personnification : « voyez jusqu’où le sang de César l’a suivi, se précipitant au dehors comme pour s’assurer si c’était bien Brutus qui frappait si cruellement ».

Enfin, Antoine intrigue son auditoire, il installe un véritable suspense en mentionnant un élément capital, mais sans vouloir en dire plus : c’est le testament de César. Que dit-il ? Impossible de le savoir : « je ne dois pas le lire », dit Marc-Antoine, « si vous entendiez le testament de César il vous rendrait fous ». Il manipule son auditoire jusqu’au bout et lorsqu’elle oublie le testament c’est lui qui lui rappelle son existence, avant de lui demander enfin : « Vous voulez donc me contraindre à lire le testament ? » Sa révélation à la toute fin de son discours est le coup de grâce aux assassins de César. La foule a changé d’avis, elle trouve injuste la mort de César, et veut le venger.

Marlon Brando apporte toute sa force au personnage qu’il incarne : masquant sa colère et son désir de vengeance, il commence à parler calmement mais on sent bientôt la violence qui l’habite et il devient ensuite complètement habité par son propos, hurle, et ainsi galvanise la foule.

L’art oratoire a-t-il évolué ? Pas tant que ça : Aujourd’hui encore, et dans la réalité, on retrouve des procédés similaires dans le discours des politiciens, et surtout en cette période d’élections présidentielles. Prenons quelques exemples… Tout d’abord François Hollande dans son discours où il annonce ne pas être candidat à l’élection. On retrouve l’Ethos lorsqu’il dit comme Marc-Antoine qu’il est simple et honnête : « Pour ma part, je ne suis animé que par l’intérêt supérieur du pays. Le pays, depuis plus de quatre ans et demi, je l’ai servi avec sincérité, avec honnêteté. ». Comme Antoine il crée une relation de proximité avec son auditoire en utilisant à quatre reprises l’expression « Mes chers compatriotes ». Mais François Hollande fait aussi dans le Pathos, cherche à susciter l’émotion lorsqu’il dresse un bilan controversé de son mandat : « Voilà ce que j’ai fait. Voilà ce que j’assume devant vous en revendiquant les avancées, en reconnaissant les retards et même en admettant certaines erreurs parce que je porte un bilan et j’en assume toute la responsabilité. ». Son testament de César à lui, c’est l’annonce ou non de sa candidature. Il attend la fin de son discours pour annoncer qu’il ne se représente pas, captivant ainsi son auditoire jusqu’au bout : « Aujourd’hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle, au renouvellement donc de mon mandat. »

Restons dans les François et passons maintenant à François Fillon. Dans son discours de mars où il annonce maintenir sa candidature à l’élection présidentielle malgré les charges qui pèsent sur lui, il utilise tous les domaines de l’art rhétorique que nous avons cités. Le Pathos lorsqu’il parle d’assassinat et exagère la situation : « Ce n’est pas moi seulement qu’on assassine c’est l’élection présidentielle », il théâtralise son discours et emploie un champ lexical propre au combat : « Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas ». Il a également recours à des figures de style comme la personnification : « La France est plus grande que mes erreurs », ou la métaphore « Je vois avec gravité poindre les nuages noirs de la guerre ». Il utilise également le Logos lorsqu’il fait appel à la raison du peuple français : « Ne vous laissez pas abuser, ne laissez personne vous priver de votre choix ». Lors d’un meeting il formulera des questions rhétoriques : « 6 millions de français au chômage c’est un modèle social ? La pauvreté qui augmente c’est un modèle social ? ». Enfin il appelle ses interlocuteurs « mes amis » et crée ainsi une relation de proximité en utilisant l’Ethos. Enfin, lorsqu’il est éliminé au premier tour, sa déclaration semble encore contenir les mêmes éléments de création d’émotion : « Les obstacles mis sur ma route étaient trop nombreux, trop cruels », et il recherche la fusion avec la foule : « J’ai confiance en vous et je suis fier d’être l’un des vôtres ».

Et à gauche ? Prenons le cas d’un Jean-Luc, pour changer : Jean-Luc Mélenchon. Tout comme M. Hollande ou M. Fillon, ce dernier utilise le mode d’argumentation classique. Il est avec le peuple : « Nous sommes les partisans », il met en avant sa transparence : « Je ne m’en cache pas je suis un indépendantiste ». Il va même jusqu’à flatter le peuple en question : « Ils sont nombreux les hommes et les femmes qui ont plus de mérite que moi dans la réunion que nous sommes en train de faire ». Et le Logos ? JLM laisse entendre à son auditoire qu’il sait déjà tout ce qu’il lui dit : « Vous autres, vous vous souvenez des combats fondateurs qui ont été les nôtres », « Comme vous le savez… ». Comme les autres il formule des questions rhétoriques : « Quelle est la liberté des cent mille familles à qui l’on coupe l’eau parce qu’elles ne peuvent pas payer les factures ? », comme les autres il fait des métaphores, comiques cette fois : « Et voici qu’il pond des idées comme les poules des œufs, sans qu’on sache jamais quand ni de quelle taille ». Enfin le Pathos aussi est présent dans son discours lorsqu’il tente d’émouvoir et révolter la foule par des phrases telles que « Il y a trop d’enfants dans ce pays qui ne mangent qu’une fois par jour à l’heure de la cantine ».

Si sur le fond le discours des candidats passe bien d’un extrême à un autre, la forme utilisée est toujours plus ou moins la même… et ce au moins depuis Jules César ! Alors regardez et écoutez bien Marc-Antoine, et la prochaine fois que vous entendrez un discours, demandez-vous à quoi exactement joue l’orateur !

Jade Cattacin

Bibliographie :

https://www.youtube.com/watch?v=TBgNycaFV1c

https://www.youtube.com/watch?v=NQM5qihbGj0

5 Youtubeurs qui réveilleront le féru de culture générale qui sommeille en vous

Vous enviez mémé quand elle vous bat au Scrabble avec des mots que vous n’aviez jamais entendu avant ? Vous souhaitez briller lors de repas chez vos amis en apportant l’anecdote de la soirée ? Les 5 Youtubeurs que nous allons vous présenter ont la réponse à toutes vos inquiétudes.
La science et le septième art n’auront plus aucun secret pour vous, branchez vos écouteurs et c’est parti !

1) Doc Seven

Depuis 2015, ce youtubeur a multiplié les vidéos, toutes axées autour du chiffre 7 : « 7 minutes de faits surprenants », « Il s’est passé quoi 7 année-là ? » ou encore par thèmes ou il présente 7 faits sur un sujet précis. Les sujets sont variés et c’est ce qui fait qu’on l’aime. Vous ne serez plus jamais à court d’idées pour relancer une conversation

2) E-penser

Cette chaîne, tenue par Bruce Benamran, un véritable féru de science, saura vous réconcilier avec les heures passées en labo de science à compter les mouches et à regarder la pendule. Et son succès est tel qu’Alexandre Astier le choisit pour faire la première partie de son spectacle « L’Exoconférence » en 2015-2016. Jetez vos vieux manuels de cours que vous espériez rouvrir car « on ne sait jamais », E-penser vous présente des grands scientifiques ou de grandes notions scientifiques qui ont bouleversés leurs époques. Le contenu est tellement clair qu’on en met notre main à couper, vous en redemanderez.

3) Linguisticae

Vous vous demandez d’où viennent certaines expressions de la langue française, vous oubliez des accents, vous écrivez «comme même» au lieu de «quand même», cette chaîne est faite pour vous. « Prendre une biture », « péril en la demeure » vous serez des pros de la répartie, vous manierez la langue française comme des dieux et vous ferez pâlir d’envie vos collègues.

4) Axolot

A la base blogueur et animateur radio, ce youtubeur passionné de sciences, de nature et d’histoires extraordinaires s’est mis à la vidéo et on ne lui en veut pas. Des anecdotes croustillantes, vous en aurez par milliers. Son objectif ? Susciter l’étonnement. Des vidéos courtes mais riches en contenu, laissez-vous tenter.
Et si vous accrochez, n’hésitez pas à le suivre ou à lire sa bande dessinée.

5) Cyrus North

Avec ses Coups de Phil’, Cyrus North étend notre champ de réflexion. Très loin des cours de philo à écouter le prof s’émerveiller sur des courants de pensées farfelues de barbus plus vieux que nos grands-parents, il dépoussière la philo en l’axant sur des questions beaucoup plus actuelles. Il aborde de grands thèmes, et présente les philosophes les plus célèbres de manière beaucoup plus ludique. Voyez donc pas vous-même :

 

 

Bon visionnage et à très vite dans un prochain article !

Les langues étrangères façonnent-elles la pensée ?

« Ce n’est pas nous qui disons les mots, ce sont les mots qui nous disent »

(Witold Gombrowicz)

 

Associer immédiatement le verbe «s’enrichir» à l’argent est un signe parmi d’autres que nous peinons à envisager les relations humaines sous un angle ludique, et autre que purement utilitaire. S’enrichir, n’est-ce pas avant tout élargir son horizon personnel, son ouverture aux autres ? C’est certainement faute de le comprendre que l’apprentissage des langues est généralement considéré en France comme une corvée, un mal nécessaire pour élargir ses horizons professionnels dans un contexte de plus en plus mondialisé. Pourtant, pratiquer d’autres langues est d’abord la meilleure façon de voir le monde d’un autre œil.

Tenez, par exemple : vous avez tous déjà été assistés en voiture par un copilote. Vous lui demandez : « Où est-ce que je tourne ? » « À droite ! », eh bien imaginez qu’il vous réponde plutôt « À l’est ! » le trajet risquerait d’être un peu plus long… C’est pourtant ainsi que, dans la communauté de Pormpuraaw en Australie, les Aborigènes se repèrent. Il n’existe pas dans leur langue de mot pour dire « droite » ou « gauche ». Pourquoi ? Parce qu’ils n’utilisent que les directions cardinales absolues : Nord, Sud, Est et Ouest. Ils pensent comme ça. Au moins, ils ne perdent pas le nord !… Si vous parliez leur langue, il faudrait vous y mettre aussi, et petit à petit votre façon d’appréhender l’espace changerait.

Plusieurs milliers de langues différentes sont parlées dans le monde. Entre elles, d’énormes différences. Différences de mots, bien sûr, mais aussi de modes de construction, de codes. En va-t-il de même pour les idées qu’on exprime ? Autrement dit, la langue que l’on parle façonne-t-elle notre façon de penser ? Eh bien ce que de savants globe-trotters ont observé est fascinant : les formes de phrases, la syntaxe, les mots utilisés varient tant d’une langue à l’autre qu’on peut penser que c’est le cas…

Des exemples ? Les verbes, dans certaines langues, indiquent à quel moment s’est passé l’événement dont on parle (Mian, Papouasie-Nouvelle-Guinée), dans d’autres ils précisent si l’action est en train de se dérouler (anglais) et enfin certaines langues ne précisent même pas si l’événement est passé ou à venir (indonésien). Ainsi certaines langues sont plus «offensives» et forcent à donner un grand nombre d’informations quand d’autres sont au contraire restrictives sur ce point. En russe les verbes qui désignent le mouvement obligent l’interlocuteur à dire son genre, comment il se déplace, dans quelle direction, comme s’il fallait en dire le plus possible en un minimum de temps ! En revanche en pirahã (Amazonie) il n’existe pas de mots pour désigner les nombres, mais seulement des mots pour exprimer des quantités comme «un peu» et «beaucoup». Allez donc acheter des poireaux au marché pirahã avec sur les étiquettes non pas des prix au kilo ou à la pièce, mais au « un peu » ou au « beaucoup » ! Pour parler pirahã, il faut donc penser autrement. Si George Orwell a montré dans 1984 comment l’appauvrissement du langage allait de pair avec la réduction de la liberté, la démonstration fonctionne en sens inverse : enrichir son langage, c’est avant tout gagner de la liberté.

Une expérience (récemment publiée dans Psychological Science) consistait à faire décrire à des sujets parlant allemand et d’autres parlant anglais les mêmes vidéos, comme celles d’une femme marchant dans la rue ou d’un homme à vélo. Les anglophones décrivaient la scène sans mentionner le but vraisemblable des actions (où va la personne par exemple) alors que les germanophones le faisaient. Cette dernière vision, dite holiste, prend en compte le cadre dans lequel s’inscrit l’action tandis que la vision anglophone insiste sur son déroulement immédiat. Tout ça à cause de ce fameux «ing» qui se concentre là-dessus… décidément il leur fait tourner la tête, celui-là. Le linguiste américain John Lucy appelle ces différences la relativité linguistique, ou le fait que « la langue que nous parlons influence notre façon de concevoir la réalité », et plus simplement que « le langage influence la pensée ».

Prenez notre conception du temps : dans les pays occidentaux nous le visualisons de gauche à droite tandis que les personnes parlant l’hébreu ou l’arabe le visualisent de droite à gauche, comme ils écrivent. Pour les Aymara des Andes, le passé se situe devant et l’avenir derrière ! Quoi ? Ma super journée au parc aquatique de la semaine prochaine est… derrière moi ? Oui, mais celle de la semaine dernière est devant… Et les différences entre les genres : marquées dans certaines langues et pas dans d’autres, elles auraient des répercussions sur la perception parles enfants de leur propre genre, qui viendrait plus ou moins tôt selon la langue qu’ils parlent… Un table, une bureau, un voiture, un couteau… les petits Anglais ont du mal avec le genre grammatical masculin/féminin, qui n’existe pas en anglais, mais si vous apprenez l’anglais vous prendrez en revanche davantage conscience de la distinction neutre/animé, que nous, nous ne faisons pas.

Autrement dit, en se familiarisant avec une langue étrangère, on apprend nécessairement à penser et à ressentir différemment, donc on développe non seulement ses possibilités d’expression, mais aussi sa capacité à percevoir l’autre, à concevoir les différences de points de vue. On est amené à découvrir non seulement de nouvelles façons d’exprimer sa pensée et ses émotions, mais aussi (et surtout…) d’écouter.

En effet, un sujet multilingue aurait donc naturellement une vision plus flexible, car plus globale. Bon, si vous l’êtes je vous rassure, cela ne fait pas de vous le Norman Bates de Psychose, vous êtes juste capable de penser les mêmes choses de plusieurs façons : une autre expérience, au cours de l’étude déjà mentionnée, a étudié un groupe d’Allemands parlant allemand et anglais, et montré que lorsqu’ils parlaient allemand ils réfléchissaient de manière holiste, mais adoptaient un mode de pensée plus proche de celui des anglo-saxons lorsqu’ils parlaient anglais.

Selon la Bible, les langues différentes seraient une punition infligée par Dieu aux Hommes pour avoir voulu construire la tour de Babel. Mais si au final cette malédiction était une chance ? Après tout, les guerres ne se sont jamais produites à cause des différences de langue.

Les Français sont réputés briller par leur incapacité à se défaire de leur accent abominable ? Pas tous : si les enfants apprennent plus facilement les langues, c’est parce qu’ils sont davantage dans le jeu, ils ne sont pas pétrifiés par la peur du ridicule, et profitent d’un droit à l’erreur que nous avons cessé de nous accorder à nous-mêmes. La pratique des langues étrangères, au lieu d’être envisagée comme une difficulté, devrait plutôt l’être en tant qu’outil de développement personnel et collectif, outil d’identification à l’autre et de dépassement de soi par le jeu.

 

Jade Cattacin

Olivier Foreau

 

Bibliographie

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-langue-faconne-la-pensee-27831.php

http://www.economist.com/blogs/johnson/2011/12/differences-among-languages

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/perception-monde-varie-langue/

https://sciencetonnante.wordpress.com/2014/01/06/la-langue-que-lon-parle-influe-t-elle-sur-notre-maniere-de-penser/

http://www.laviedesidees.fr/Ce-que-le-langage-nous-fait-penser.html

http://www.madmoizelle.com/bilingues-psychologie-348691

Mon premier cours de prise de parole en public

Avant d’assister à un cours de prise de parole en public, je me posais beaucoup de questions. Parmi mes questions : comment cela se déroule ? Est-ce qu’on va vraiment devoir parler devant un public , ou seulement s’y préparer ?

C’est vrai que la prise de parole en public est une de mes hantises depuis le début de mes études. D’un côté j’avais peur d’affronter ma phobie, et de l’autre j’avais envie de m’en débarrasser et j’ai décidé de l’affronter.

Jour J : Je suis sur le lieu de rendez-vous, j’attends dans le hall. Au fur et à mesure des personnes de tous âges arrivent. Cela m’a énormément rassurée de voir que je ne suis pas la seule dans mon cas.

Avec beaucoup de bonne humeur, Anne-Katerine nous explique que toute prise de parole est avant tout une affaire de mise en condition physique. Elle nous invite à tous nous allonger part terre et commence alors une séance de relaxation, basée sur la respiration et des exercices de détente corporelle. Ce moment m’a vraiment permis de commencer sereinement cette séance (ce qui est rare chez moi).

Anne-Katerine nous a montré diverses positions respiratoires qui nous aident à faire face à une situation stressante. La finalité est de pouvoir les utiliser soi-même dans la vie quotidienne.

Dans un deuxième temps, nous avons travaillé sur la projection de la voix (et c’est là que les éclats de rire commencent). Anne-Katerine nous a montré que l’on pouvait parler à partir de différents endroits, la tête, le nez, la bouche, le cou… en plaçant nos mains sur l’endroit d’où on voulait se faire entendre. Imaginez-vous dix à quinze personnes qui déambulent dans la salle en disant « J’entends ma voix dans ma tête » avec leur main sur leur tête : vu de l’extérieur, cela peut sembler insolite… Mais avec le recul, j’ai pu remarquer que les exercices m’avaient été très utiles car j’ai tendance à accumuler le stress, et du coup à oublier de respirer correctement.

Surtout, le plus que je retiens par rapport à la sophrologie et l’hypnothérapie, c’est que la cohésion de groupe m’a mise en confiance.  Je ne connaissais personne, mais faire tous ensemble ces exercices nous a d’une certaine façon rapprochés.

Lucie Hérambert

5 astuces pour savoir si les hommes politiques vous mentent

Vous voulez savoir comment les hommes politiques masquent leurs émotions ?

Grâce par exemple à House of Cards, nous savons que le métier d’homme politique consiste essentiellement à dissimuler ses émotions. C’est donc dans la communication politique que nous pouvons trouver les  meilleurs exemples de mensonges, et les signes qui permettent de les déceler.

Les hommes politiques ont tendance à dire ce que vous voulez  entendre sans en penser un mot.

Certains peuvent être plus expressifs que d’autres, c’est pour cela que des experts en synergologie analysent leur gestuelle. Se toucher le nez, hausser les épaules, écarter les mains vers l’extérieurs…93% de notre communication est non verbale et lorsque nos hommes politiques s’expriment, leurs gestes en disent bien plus que leurs propres paroles.

Ces gestes, qui peuvent nous paraître anodins, révèlent les pensées et émotions des hommes politiques durant leurs discours.

 

 

Avec les présidentielles qui arrivent à grands pas, vous voulez découvrir si les candidats nous mentent avant de choisir  a qui accorder votre confiance pour les 5 prochaines années. Nous allons vous donner 5 astuces pour savoir si votre interlocuteur vous ment. C’est parti !

1. S’il se tripote le lobe des oreilles

Attention, si votre interlocuteur se caresse ou se pince le lobe de son oreille droite, dans un contexte tendu, cela peut signifier qu’il est dans l’embarras. Il ne sait pas quoi répondre, il a peur de transformer la réalité et donc de vous mentir. Le lobe gauche, lui, symbolise la culpabilité et les fantasmes. En le titillant, on révèle une gêne, voir même une faute. Si ce mouvement est accentué sur le lobe de l’oreille droite alors celui-ci peut signifier qu’il a choisi de s’en tirer par une demi-vérité.

Dans tout les cas, votre interlocuteur est confus et ressent une gêne.

2. S’il a les pupilles rétractées

Les pupilles se dilatent ou se rétractent selon nos émotions ou nos désirs. Une personne sereine aura en permanence une légère dilatation, alors qu’un menteur, aura les pupilles rétractées. Cela traduit une forte activité cognitive, qui laisse peu de place à l’émotion. Donc, regardez ses yeux et vous verrez s’il vous ment !

3. S’il ferme les yeux avant ou après une prise de parole

En situation délicate, ce tic caractérise la mauvaise foi de votre interlocuteur. Les paupières représentent  la frontière entre la réalité et le rêve,  qui révèle une déconnexion avec la réalité et un stress causé par le mensonge. On sait qu’on est en train de formuler un mensonge, mais on persiste et le signe apparait ! Même analyse si votre interlocuteur lève les yeux au ciel à plusieurs reprises durant son discours.

4. S’il parle en dissimulant sa bouche

Si vous faites face à une assemblée, cela revient à étouffer le dialogue. Se servir de la main droite indique que le cerveau gauche nous interdit de dire la vérité. La main gauche placée devant la bouche, trahit plutôt un trouble affectif de celui placé en face de vous. Dans les deux cas, votre interlocuteur n’est pas sûr de lui ou de ce qu’il vous dit. Alors méfiance !

5. S’il détourne la tête avant de répondre

Lorsqu’une personne détourne la tête avant de prononcer un “oui” ou un “non” cela signifie le contraire de ce qu’il raconte. Cela traduit un malaise ponctuel : votre interlocuteur cherche à échapper à un face-à-face qui perturbe sa confiance en lui !

Même si cela ne se vérifie pas dans tous les cas, mieux vaut choisir d’accorder du crédit à ceux qui répondent les yeux dans les yeux, sans broncher !

Bonne année 2017 !

Toute l’équipe de Théâtre en Cours vous souhaite une bonne année 2017 !

Pour cette nouvelle année les formules des cours ont été légèrement revisitées :

Cours Prise de parole

Désormais aura lieu un cours d’initiation à la prise de parole en public chaque semaine le vendredi soir (avec interruption durant les vacances scolaires) d’une durée d’une heure et demie. La première séance aura lieu le 13 janvier et nous vous y attendons nombreux !

Vous pouvez dès à présent réserver en ligne les premières séances sur : http://theatrencours.fr/ateliers-a-la-carte/initiation-a-prise-de-parole-public/

Ateliers à la carte

Prise de parole en public: Les stages de prise de parole en public se dérouleront environ une fois par mois le dimanche toujours sur le même modèle (6h) : le premier stage aura lieu le 23 avril.

Réservation & Infos complémentaires : http://theatrencours.fr/ateliers-a-la-carte/stage-prise-de-parole-confiance-soi/

Improvisation théâtrale : Les stages d’improvisation théâtrale auront lieu régulièrement sur un format de trois heures, le samedi matin : la date du premier est le 25 février.

Réservation & Infos complémentaires : http://theatrencours.fr/ateliers-a-la-carte/lacher-prise-improvisation-theatrale/

Formation sur mesure

La formation sur mesure reste inchangée, notre équipe vous accompagne dans l’élaboration de votre projet de formation.

Contact & Infos : http://theatrencours.fr/formations-sur-mesure-theatre-en-cours/

De plus vous pouvez également suivre toutes nos actualités sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et Google + !

A très bientôt !

L’équipe de Théâtre en Cours